Tu es ce que tu consommes

Tu tends à ressembler aux gens avec lesquels tu passes du temps. Comme l’a dit Goethe “Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es; dis moi de quoi tu t’occupes, je te dirai ce que tu deviendras”. Je comprends par “hanter” le fait de “passer du temps avec”. Le truc c’est que Goethe, il n’a pas connu internet. Aujourd’hui il n’y pas que les gens que tu vois physiquement qui te “transforment”, il y a aussi les gens avec lesquels tu passes du temps sur internet.
Dis moi ce que tu regardes sur le net et je te dirai qui tu es. Ça fait peur? Et pourtant tu sais qu’aujourd’hui l’algorithme de Facebook te connaît mieux que ta femme ou ton meilleur ami ? Et peut être même mieux que toi même… Ils savent comment t’amener vers les actions qui les arrangent.
Quand tu lis quelque chose sur internet (comme c’est le cas pour ce mail), tu passes du temps avec la personne. On ne se connait peut être pas personnellement, mais là tu es en train de passer du temps avec moi, Antho (Oui Ponchouuur). Et ces personnes que tu lis définissent tes standards, tes défauts, tes rêves et même parfois ton bonheur.
Parfois j’essaye de me poser et de me demander “A qui et à quoi ai-je consacré du temps récemment ?”. A bien y réfléchir, le temps est la chose la plus précieuse que l’on ait. Si je “donne” du temps et de l’attention à quelque chose, c’est un peu de ma vie que je donne. Suis-je en train de passer du temps avec des gens comme qui je veux devenir ? Des personnes en bonne santé ? Epanouies ? Trouvant du sens à leurs vies? Est-ce qu’ils me disent juste ce que je veux entendre, ou sont elles capables de me dire “Là tu fais vraiment de la merde, réveille toi, grandis!” ?
Pense aux relations amoureuses par exemple. Cette année j’ai passé beaucoup de temps à “dater” sur Tinder. Combien de fois n’ai-je pas donné suite à un rencard quand je rencontrais une fille, si belle soit elle, qui se plaignait de tout, de son taff, de son ex, qui n’attendait que les vacances pour “s’évader”. Inconsciemment on sait que ce genre de personnes sont contagieuses, alors on les fuit. On part vite et loin.
Et bien sur le net c’est pareil, si tu passes du temps à lire ou regarder des trucs inutiles, tu n’en tireras rien. Pire, tu peux même lire des choses qui t’apporteront plus de négativité qu’autre chose.
Quand tu lis des articles du types :
    – Comment avancer dans ta carrière et que les conseils qu’on te donne sont directement issus de la manipulation et te conseillent “d’utiliser les autres” pour arriver à tes fins
    – Comment séduire et que tu apprends qu’il faut être “méchant”, ou “prétendre être dans l’abondance niveau sexe”, ou encore “ne jamais parler de tes sentiments”, tu vas peut être pécho sur le court terme, mais tu ne trouveras sûrement pas une relation épanouissante.
    – Comment perdre du poids, avec des articles qui sont tous plus nuls les uns que les autres, qui te disent de boire de l’eau chaude avec du citron pour “drainer”, de limiter le pain et les glucides, de ne pas manger après 17h… j’en passe et des meilleurs. Tous ces mensonges qui vont faire qu’une fois encore tu vas rater ta perte de poids et tu vas perdre encore un peu plus confiance en toi.
Quand tu y réfléchis, si un mec écrit 300 articles différents tous les ans sur des sujets variés, combien de temps a-t-’il consacré à maîtriser ce dont il parle ? Est-il qu’il a même déjà essayer de faire ce qu’il dit ?
Mais attends… y’a pire. Il y a les trucs qui nous font nous sentir comme des tocards. On est tellement entourés par du “faux bonheur” de nos jours. On veut que les autres croient qu’on est heureux. On voit nos “amis sociaux” montrer du bonheur (qu’il soit vrai ou faux, l’important c’est qu’il soit mis sur les réseaux) et nos cerveaux nous font croire qu’on est les seuls à galérer. Alors on fait semblant et on se sent encore plus seul et isolé.
De plus en plus chaque année on voit des gens avec des physiques parfaits, avec de l’argent, qui partent en vacances dans des endroits de fou. Chacun de nos amis le fait peut être une fois par an, mais quand tu suis des centaines de comptes tu es bombardé de ce “bonheur” 365 jours par an et là tu te dis “Putain, mais pourquoi je suis là comme un con à galérer, j’arrive pas à me dégager du temps, j’ai pas tout le temps le sourire comme je sais que je devrais, j’arrive pas à manger sainement tous les jours, j’ai parfois la flemme d’aller faire du sport, je suis pas toujours le meilleur ami possible et je me mets en colère. Je dis pas “je t’aime” tous les jours. Pourquoi j’étais pas invité à cette super soirée ? Pourquoi ils ont le temps et l’argent et pas moi ? Comment ils font pour réussir tout ce qu’ils essayent ?”
On est entouré par des choses complètement irréalistes et fausses et qui pourtant deviennent des “je veux”. Le besoin crée l’envie et l’envie le besoin. Et tout ça nous rappelle ce que l’on n’a pas : le temps libre, l’argent, le succès, un corps parfait, la femme (ou l’homme) idéale…
On se sent seul, on a l’impression que les autres sont tous parfaits et qu’on est des nuls. Alors on ment, on cache la vérité, on fait semblant que tout va bien et nous aussi on montre ce qu’on veut montrer.
Même si à chaque fois qu’on le fait on se sent encore plus mal car on se rend compte qu’on est des imposteurs. On finit par jouer le jeu et faire partie de ceux qui font semblant.
Je crois que c’est Nietzche qui disait “La vie est un combat”. Oui car les galères ça fait partie de la condition humaine. Et laisse moi te dire que moi aussi je suis un humain. Et je galère. Et voici ce que tu as pu rater de mes posts et de mes photos insta aseptisées : J’ai galéré longtemps avec de l’acné dans le dos, pour lancer AlphaBody j’ai vécu dans un appart de 30m2 avec Nico, ça a fini par nous peser et on s’est pris la tête, on est encore en train de recoller les morceaux de notre amitié; malgré mes nombreuses (peut être bien 50…) dates Tinder j’ai toujours pas trouvé mon coup de coeur, je me suis blessé au sport, j’ai régressé en muscu sur un an, j’ai perdu patience auprès des gens que j’aime, je suis resté plusieurs jours chez moi sans sortir car je ne voulais voir personne. J’ai pas pris le temps de prendre et de donner des nouvelles à mes proches.
Mon point c’est que tu vois les résultats sans voir les galères. Et quand tu ne vois que les résultats et les côtés positifs chez les autres, ça te fait peut être penser que tu es nul et que tu as une vie de merde. Et bien laisse moi te dire que tu es probablement moins nul que tu ne le penses. Les autres le savent, il faut juste que toi même tu t’en rendes compte.
Et pour finir il est peut-être temps que tu fasses le tri dans les personnes (physiques ou sur internet) auxquelles tu accordes ton temps et ton attention. Et rappelle toi, eux aussi ils galèrent, souvent.

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