LE DEADLIFT, ROI DES MOUVEMENTS POLYARTICULAIRES

Si tu ne devais garder qu’un seul exercice, si tu n’avais le temps de ne faire qu’un seul mouvement lors de tes entraînements de musculation, ce devrait être celui-ci : le soulevé de terre, ou Deadlift en anglais. 

Plébiscité par beaucoup comme le roi des mouvements, le deadlift provient de la Force athlétique (Powerlifting en anglais), discipline ayant vu le jour au niveau international dans les années 70. 

Mouvement polyarticulaire, son exécution est relativement simple : comme son nom l’indique, il s’agit de soulever une barre lestée de disques depuis le sol et de l’amener à hauteur des hanches. En dépit de cette apparente simplicité, le deadlift présente une multitude de bénéfices et de variantes. 

Focus sur un mouvement incontournable, qui sollicite pas moins de 49 muscles différents. 

POURQUOI PRATIQUER LE DEADLIFT ?

Pour se muscler

Considéré comme un exercice pour le dos, le deadlift sollicite en réalité les muscles de la tête au pied ! Il regroupe parmi les muscles agonistes (principalement utilisés) de ce mouvement : les quadriceps, les ischio-jambiers, les grands fessiers et extenseurs du tronc au niveau de la portion lombaire (bas du dos).

Parmi les muscles agissant en synergie, on retrouve :

  • les moyens et petits fessiers,
  • les adducteurs de la hanche,
  • les triceps suraux (mollets).

Enfin, parmi les muscles stabilisateurs, se trouvent :

  • les abdominaux,
  • les muscles profonds du bas du dos,
  • les grands dorsaux,
  • les trapèzes,
  • les rhomboïdes,
  • les deltoïdes,
  • les coiffes des rotateurs des épaules,
  • les muscles des mains et des avant-bras responsables de la préhension. 

Il peut donc être utilisé au sein d’une séance dos ou d’une séance jambes.

Son autre avantage et qu’il permet d’utiliser des charges relativement lourdes, avec un risque de blessure peu élevé, donc idéal pour «charger» les muscles et développer leur puissance et leur hypertrophie

La science derrière le deadlift

En 2011, une étude scientifique a été menée sur le deadlift par électromyographie (EMG), une technique qui mesure l’activité musculaire et nerveuse à l’aide d’électrodes. Elle a révélé que l’influx nerveux et la contraction musculaire sollicités par ce mouvement étaient bien supérieurs au squat concernant les muscles des lombaires, des ischio-jambiers, et même des muscles fessiers. 

L’activité électrique a révélé l’intervention de 49 muscles différents !!!

Pour améliorer ses performances

Le soulevé de terre est un exercice des plus intéressants pour développer ses qualités athlétiques.

Il améliore le travail du système nerveux, qui module l’activation des unités motrices (ou fibres musculaires), leur synchronisation et la fréquence de leur contraction.

C’est donc du développement de force pure dont on parle :

👉 Plus le système nerveux central est efficace

👉 Plus la force dégagée par les muscles sera grande.

De par son intensité, le deadlift sollicite grandement le système nerveux. 

Exécuter un deadlift dans une forme correcte demande une bonne synchronisation des mouvements et un gros transfert d’énergie des muscles du bas du corps vers les muscles du haut du corps. Ce sont des qualités essentielles pour de nombreux sportifs, et pas uniquement en musculation. 

Un des exemples les plus frappants est la sprinteuse Allyson Felix, onze fois championne du monde et sextuple médaillée d’or olympique, qui a construit sa vitesse hors du commun en pratiquant régulièrement le deadlift… à 136 kilos en ne pesant que 56kg ! 

Pour améliorer son grip

Les pratiquants de musculation n’en ont peut être pas conscience, mais le «grip» ou la poigne, la force que l’on met dans les mains et les avant-bras afin de tenir et de serrer une barre est un aspect essentiel dans le développement de la performance.

Ce «grip» intervient dans de nombreux mouvements : les tractions, les curls, et même pour le développé couché.

Pourquoi le grip est si important ?

Plus celui-ci est puissant, plus il soulagera la tension indirecte exercée sur les autres muscles, et plus on pourra utiliser des charges conséquentes ou augmenter les répétitions. Un pratiquant ayant une forte poigne pourra plus facilement enchaîner de nombreuses tractions avant d’arriver à l’échec musculaire. 

Mais attends ! L’article parle des tractions ou du deadlift ?

Eh bien justement ! Le deadlift sollicite énormément les muscles des mains et des avants-bras. C’est l’un des seuls mouvement où il s’agit de tenir des centaines de kilos à bout de bras, à la force des mains.

Travailler régulièrement le deadlift, c’est s’assurer une poigne de fer !

Pour perdre du gras

Nous savons que pour perdre de la masse graisseuse, il faut présenter un déficit calorique journalier 👉 Donc utiliser plus de calories que l’on en consomme.

Comme nous l’avons vu, le deadlift recrute pas moins de 49 muscles différents, et ce sont autant de muscles sollicités qui vont consommer des calories, bien plus que pour les mouvements d’isolation.

Une heure de curl à la poulie par exemple n’aura pas du tout le même impact qu’une heure de soulevé de terre.

Plus il y a de muscles sollicités, plus le nombre de calories dépensées sera grand. 

Par le stress engendré sur les muscles et par son intensité, le soulevé de terre va entraîner un « EPOC » . . . Mais qu’est ce que c’est que ce truc !

C’est tout simplement un Excès de consommation d’oxygène post-exercice.

Traduction : Tu continueras de dépenser des calories et de l’oxygène jusqu’à 3 heures après l’effort, pour compenser la dette en oxygène créé par un tel recrutement des muscles. 

Pour faire du . . . cardio !

De nombreux pratiquants de musculation éprouvent de la difficulté à faire du cardio, par manque de temps ou de motivation.

Certains y sont tout simplement allergiques, pensant que cela va à l’encontre du développement musculaire.

Et pourtant, surprise !

Le soulevé de terre est un exercice cardio à lui tout seul ! La raison est simple : le deadlift sollicite de nombreux muscles en même temps, il en résulte une grande consommation d’énergie et d’oxygène, donc une forte augmentation de l’activité cardio-respiratoire.

Sceptiques ?

Essaye d’enchaîner 5 répétitions avec une charge proche de ton maximum, et crois-moi, tu sentiras ton souffle et ton rythme cardiaque accélérer. La sollicitation cardio- vasculaire est présente dans tous les exercices de musculation, mais aucun exercice n’égale le deadlift, car aucun ne recrute autant de muscles en même temps. 

Un groupe de pratiquants a voulu vérifier cette théorie :

  • Ils se sont équipés d’une ceinture cardio et se sont lancés dans une séance deadlift de 20min, avec une charge correspondant à peu près à la moitié de leur maximum.
  • Pendant ces 20 minutes, le rythme cardiaque moyen n’est jamais redescendu en dessous de 140 bpm, pour atteindre des pics à 160 bpm !

Cette plage de rythme cardiaque est strictement identique à une fréquence cardiaque égale à celle d’une course à pieds à environ 13 – 14 km/h. 

Conclusion : le deadlift, c’est de la musculation et du cardio ! 

Prévenir le mal de dos

Décrit comme le mal du 21ème siècle, le mal de dos touche de nombreuses personnes, ayant un mode de vie trop sédentaire : de nombreuses heures passées assis à un bureau, le manque d’activité physique, l’usure chronique des articulations, le tassement de la colonne vertébrale.

Autant de causes expliquant des maux qui toucheront deux français sur trois au cours de leur vie !! Rien que ça !

Sais tu que la lombalgie est en France la 3ème raison d’arrêt de travail ! En cause, des muscles dorsaux faibles, une musculature déséquilibrée, des ischios-jambiers qui manquent de souplesses. 

Ces muscles lombaires responsables du mal de dos sont travaillés en profondeur avec le deadlift 

Comme la pratique du soulevé de terre engage particulièrement les muscles des jambes et du dos, il est extrêmement intéressant à titre préventif :

👉 Plus les muscles lombaires sont forts et denses,

👉 Plus la colonne vertébrale est protégée – et préservée- lors des mouvements de torsion et de flexion de celle-ci.

Les maux de dos et notamment la lombalgie sont causés par des muscles ischio-jambiers faibles, raides, qui « tirent » sur les muscles lombaires et provoquent des douleurs récurrentes. 

Lors d’un soulevé de terre, en début de mouvement, les ischio-jambiers sont extrémement sollicités, lorsque les jambes se tendent afin de ramener la barre au-dessus des genoux, développant ainsi leur souplesse et leur contractibilité. Les muscles abdominaux profonds interviennent en tant que muscles stabilisateurs lors du soulevé de terre ; et ce sont eux qui entourent et protègent la colonne vertébrale :

Qui dit muscles du tronc forts, dit une colonne vertébrale préservée ! 

Améliorer sa posture

Un dos voûté, les épaules qui tombent en avant, des douleurs récurrentes dans le cou et au niveau des omoplates ?

Tu souffres peut être d’un déséquilibre postural. Un rééquilibrage est possible, mais celui-ci prend du temps. En pratiquant le deadlift, on renforce les muscles du dos, ceux-ci gainent mieux le tronc et se tenir droit est plus facile. 

De nombreux pratiquants travaillent bien plus sur la partie avant du corps (bras, pectoraux), car celle-ci dans l’imaginaire collectif est prioritaire pour un aspect physique agréable. C’est bien d’avoir des pectoraux puissants, mais un sur-développement de ceux-ci entraîne les épaules vers l’avant, et si on ne compense par l’entraînement régulier des muscles du dos, on a tendance à avoir un dos voûté. 

Un entraînement régulier au soulevé de terre permet en quelque sorte de rééquilibrer la balance, en corrigeant un éventuel retard des muscles dorsaux. 

Qui dit une belle posture, dit également une confiance en soi accrue. Quelqu’un qui se tient droit, la tête haute, dégagera une plus grande impression d’aplomb et d’assurance.

Si tu veux savoir pourquoi le deadlift fait aussi travailler ta tête, continues de lire 😉  

Pour améliorer sa confiance en soi

Une autre vertue de la pratique du deadlift n’est pas physique… mais mentale ! On ne va pas se mentir, lorsqu’on est à la salle et qu’on soulève lourd, on est fier de soi.

Sans tomber dans l’arrogance, cette fierté est bénéfique : on se sent fort, puissant, on a confiance en soi. Le deadlift est l’un des exercices où l’on peut mettre le plus de poids sur la barre !

Pourquoi ?

Contrairement au squat ou au développé couché , aucun risque de se retrouver coincé sous la barre ! En cas d’échec, il suffit de lâcher prise. Une situation beaucoup plus simple à gérer. 

La marge de progression pour cet exercice est beaucoup plus importante et plus rapide.

Il n’est pas rare de croiser un pratiquant qui a commencé le soulevé de terre il y a 6 mois, et qui est passé de 40 kilos à 130 ! Et quoi de mieux pour booster son mental de voir et de sentir une réelle progression des performances ? 

Parlons à présent de biologie

Lorsqu’on fait de la musculation, le corps humain répond sur le plan hormonal et endocrinien et enclenche une production importante d’hormones. Plus l’effort est intense, et plus cette réponse est rapide est importante. Nous l’avons vu, en terme d’intensité, le deadlift arrive largement sur le podium des mouvements de musculation. 

Passons en revue les hormones qui interviennent dans une grosse séance avec charges lourdes :

Pendant l’exercice, le corps sécrète,

Deux hormones responsables de la production d’énergie par le corps. La vigilance est augmentée, on se sent puissant, fort et concentré. Le taux d’hormone de croissance, ou « GH » (Growth hormone en anglais) s’élève également lors d’efforts courts et intenses ; or cette hormone a une importance majeure dans le développement de la masse musculaire. 

Enfin, à la fin d’un entraînement intense, sont libérées par le système endocrinien les hormones responsables du plaisir et de la récompense :

  • La Dopamine,
  • L’Endorphine.

Elles nous font sentir fiers de notre entraînement réalisé, vidés mais heureux et apaisés.

Enfin, en réponse à la hausse du taux de cortisol, l’hormone du stress, le corps produit de la testostérone, l’autre hormone reine en musculation, car favorisant la synthèse protéique donc la construction musculaire.

Eh oui, il s’en passe des choses dans notre corps quand on pratique la musculation… à condition qu’elle soit intensive, d’où l’intérêt d’un exercice aussi exigeant que le deadlift. 

COMMENT LE FAIRE ET L’INTÉGRER DANS SA ROUTINE ?

Comme de nombreux mouvements de musculation, pour être efficace et sans risque, le deadlift suppose un minimum de technique. Il se décompose en 4 phases : la position de départ, la montée, la position finale et la descente. 

Voici comment tu pourras exécuter proprement ce mouvement, et soulever des kilos et des kilos de fonte ! 

Position de départ

Voici la liste des « petites cases » à cocher pour s’assurer d’un bon départ au deadlift ; attention, ici nous ne parlons que de la forme classique du deadlift. 

Etape 1 : 

  • Place tes pieds en dessous de la barre ; la barre doit arriver juste au milieu de tes pieds ; en fait, celle-ci va venir frôler tes tibias pendant la première phase du mouvement.
  • Pour l’écartement, il doit correspondre à celui des hanches ou au maximum, celui-ci des épaules (mais c’est avant tout une question de ressenti).
  • Les pieds peuvent être légèrement tournés vers l’extérieur pour une meilleur stabilité. 

Etape 2 : 

  • Place tes mains sur la barre, d’un écartement un peu plus grand que celui de tes épaules.
  • Pense à bien serrer la barre dès le départ, car le grip est extrêmement important dans ce mouvement : une mauvaise préhension et c’est l’assurance de ne pas pouvoir tenir la barre jusqu’à la fin du mouvement.

Petite astuce : imagine que tu veux broyer la barre dans ta main, et verrouille ton grip en coinçant le pouce sous les autres doigts. 

Etape 3 : 

On commence à rentrer dans le vif du sujet !

  • Tu es debout, bien droit.
  • Tu vas ensuite te pencher en avant par une flexion des hanches ; à ce moment tes épaules seront positionnées devant la barre. 

Etape 4 : 

  • Il faut maintenant plier les genoux, tout en gardant les tibias à quelques millimètres de la barre, et descendre comme si on voulait s’asseoir.
  • On arrive ainsi à une position de demi-squat ; on arrête de descendre quand les mains arrivent naturellement au niveau de la barre. 

Comment savoir si tu n’es pas trop bas ? 

Si tes épaules ne sont plus juste au dessus de la barre, c’est que tu es descendu trop bas, remonte légèrement. Ici l,’essentiel est de se pencher vers l’avant par une flexion de hanches, de descendre par une flexion des genoux, le tout en gardant le dos parfaitement droit. 

Position parfaite : les épaules sont alignées avec la barre 

Etape 5 :

  • Il faut veiller à garder la nuque et le crâne dans l’alignement de la colonne vertébrale : on ne va ni regarder en l’air, ni en bas.

Petite technique : il suffit de regarder le sol à environ 2 mètres devant soi. 

Voilà, tu es prêt à faire ton deadlift ! On y va ? 

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La montée

Prêt ?

  • Avant de se lancer dans la phase de montée, on peut penser à contracter les abdominaux,
  • Après avoir pris une grande inspiration, bloquer la respiration

👉 Cela va maintenir la pression dans la cage thoracique et dans l’abdomen, ce qui offrira une meilleure transmission de la force et une meilleure protection de la colonne vertébrale. 

C’est parti ! 

  • En début de mouvement, il faut imaginer qu’on veut « pousser le sol », en même temps que l’on commence à se redresser.
  • Le secret d’un deadlift réussi et réalisé en sécurité et de s’assurer de l’extension de la hanche (le buste se relève) et des genoux (les jambes se tendent) le plus simultanément possible.
  • Pendant toute la phase de montée, la barre doit rester le plus proche possible des cuisses. 

La position haute

  • On en arrive à la position finale : on se tient debout, bien droit 👉 Il s’agit de ressortir la poitrine, et de resserrer les omoplates.
  • Toute la chaîne musculaire postérieure doit être contractée.
  • La tête est toujours dans l’alignement, le regard se porte droit devant.

Attention cependant à ne pas commettre l’erreur que font la majorité des pratiquants, c’est à dire effectuer une hyperextension de la colonne vertébrale en se penchant en arrière !!!

👉 Si certains peuvent avoir l’impression que cela finalise le mouvement, il n’en est rien et cela ne présente aucun intérêt sur le plan musculaire, et peut au contraire être à l’origine de douleurs. 

La descente

Ici il faut purement et simplement faire le chemin inverse :

  • On commence par une flexion des hanches, tout en gardant la barre le plus proche possible du corps,
  • On plie les genoux et on laisse la barre se poser sur le sol.

Il faut préciser qu’il est inutile d’exagérer le temps de descente ; celui-ci doit durer une ou deux secondes; on a tendance à « bâcler » ce moment, et à vouloir aller trop vite 👉 on augmente les risques de blessure ! 

Si cette phase est souvent occultée, c’est parce que les pratiquants mettent beaucoup de poids, et sont capables de réaliser la phase de montée et la partie haute, mais éprouvent des difficultés à exécuter proprement la descente. Il faut alors faire un choix entre « ego lifting » et efficacité du mouvement . . . mais c’est un autre débat. 

Voici une petite vidéo du déroulé complet d’un deadlift qui t’explique en détail le mouvement :

LES ERREURS À ÉVITER

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Erreur n°1 : Oublier la phase d’apprentissage technique 

N’oublies pas que pour ce mouvement soit réellement efficace et sans risque, il faut d’abord maîtriser parfaitement la technique. Inutile de vouloir mettre trop lourd tout de suite : le poids n’est jamais qu’un facteur de développement, et travailler la technique avec des poids relativement léger sera dans un premier temps bien assez efficace. 

Un peu de patience, on pliera la barre dans quelques mois !

En attendant, pour commencer on peut prendre comme repère la moitié de son propre poids, si on a aucune idée de la charge à installer. 

Erreur n°2 : Arrondir le dos / trop cambrer le dos 

Si le soulevé de terre est délaissé voire décrié par certains participants, qui le considèrent comme dangereux, c’est parce qu’il peut être stressant pour le dos si il est mal réalisé. Et l’erreur numéro un, c’est d’arrondir le dos, souvent parce que la phase technique n’est pas bien maîtrisée et que la charge est trop importante. 

Si le dos s’arrondit quasiment automatiquement en début de montée, c’est que la charge n’est pas adaptée ; il faut impérativement mettre moins lourd, la technique primant avant tout sur la performance. 

Erreur n°3 : Regarder en l’air 

Ca peut paraître bête, mais c’est un réflexe pour certains : comme on cherche à tirer vers le haut, on regarde en l’air pour aller chercher plus haut. 

C’est parfaitement inutile et cela va créer un stress sur les cervicales et sur les trapèzes, déjà bien assez sollicités.

Garde la tête dans une position neutre lors du mouvement, c’est à dire dans l’alignement de la colonne. 

Erreur n°4 : Ne pas respirer 

Comme avec la plupart des exercices, tu dois apprendre à respirer.

Il faut prendre une profonde inspiration avant de commencer le mouvement, et bloquer l’air pendant la montée, pour expirer lors de la position haute.  

Erreur n°5 : des épaules trop avancées 

Si en début de mouvement les épaules sont trop loin devant la barre, on va tirer essentiellement avec le dos en délaissant le potentiel de force des jambes ; c’est regrettable par deux aspects : on augmente le risque de blessure, et surtout on se prive d’un moteur surpuissant : les muscles des jambes.

Il faut donc penser à enclencher le mouvement comme si on voulait pousser le sol avec ses jambes. 

Erreur n°6 : la barre n’est pas assez proche des tibias 

Plus la barre sera loin du corps, plus il sera difficile de la contrôler, puisque la force verticale transmise à la barre sera diminuée au profit d’une force horizontale.

Pour être puissant, il faut dissocier un minimum la barre de son propre corps pendant toutes les phases du mouvement. 

Erreur n°7 : Faire des rebonds 

Faire des rebonds avec les poids lors du contact au sol peut être tentant pour faciliter la prochaine répétition, mais c’est en fait une mauvaise idée, car cela risque de corrompre la bonne position du corps.

Il faut veiller à poser complètement la barre et bien réinitialiser sa position. 

Erreur n°8 : Tendre les jambes / lever les fesses 

Il se peut parfois que les fesses se lèvent et que les jambes se tendent avant que les hanches n’entrent en action pour se redresser ; c’est souvent le cas lorsque la charge est trop lourde, et c’est l’une des causes d’un dos arrondi en début du mouvement.

Pour que le transfert de force soit optimal, l’extension des genoux et des hanches doit se faire le plus simultanément possible. 

Erreur n°9 : porter des gants 

Cela peut être tentant afin d’éviter que la barre ne glisse, avec la transpiration : pourtant, les gants ajoutent du diamètre à la barre, ce qui affaiblit la force de préhension.

Si la barre est vraiment glissante, on peut s’appliquer de la magnésie sur les mains

Erreur n°10 : utiliser des chaussures inadaptées 

Beaucoup de pratiquants ne possèdent qu’une seule paire de baskets, que ce soit pour courir ou pour aller à la salle. Il s’agit souvent de chaussures de running, donc avec coussin d’air intégré. Or la semelle est compressible, donc instable et ça entraîne une perte de force et d’équilibre. 

Sans aller jusqu’à l’achat d’une paire de chaussures spéciales haltérophilie, ce qui peut être onéreux, on peut trouver des chaussures à semelles dures et plates, ou en dernier recours faire le soulevé de terre pieds nus. 

LES RISQUES DU DEADLIFT

Comme dans tous les sports, le risque zéro n’existe pas. Certains ont banni le deadlift car jugé trop dangereux pour le dos. En effet, mal exécuté, ce mouvement peut engendrer une compression des disques intervertébraux et occasionner à long terme des douleurs chroniques. Le risque peut aussi se porter sur les muscles lombaires, souvent trop faibles et qui supportent difficilement une forte et soudaine sollicitation. 

Mais des études ont montré que seuls 5 % des maux de dos sont provoqués par des mouvements de musculation.

Les kinésithérapeutes recommandent fréquemment l’entraînement de musculation pour avoir un dos fort qui protégera efficacement la colonne vertébrale. Une seule règle d’or à retenir : il faut travailler technique avant tout, peu importe que la charge paraisse légère. 

QUAND FAIRE DU SOULEVÉ DE TERRE ?

Le deadlift peut être placé aussi bien dans une séance dos que dans une séance jambes puisqu’il fait intervenir ces deux groupes musculaires en synergie. Il peut être employé dans n’importe quel programme, que ce soit en force ou en volume : il suffit d’adapter la charge au nombre de répétitions souhaitées.

👉 Il peut être réalisé pendant une période de prise de masse ou de sèche, car il a le double intérêt d’entretenir et de développer la force tout en sollicitant efficacement les capacités cardio-vasculaires. 

En fait, cela dépend vraiment de chacun ; en revanche on peut quand même émettre deux recommandations :

  • Comme pour tous les exercices polyarticulaires, il est préférable de le faire en début de séance, car c’est un exercice exigeant nerveusement et physiquement – le placer en fin de séance c’est augmenter le risque, par la fatigue, d’être moins vigilant sur la technique, et moins performant, ce qui peut entraîner une certaine frustration. 
  • Et il est inutile de le travailler chaque jour afin de ne pas épuiser le système nerveux.

PROGRESSER AU DEADLIFT

Tu le verras par toi-même, en travaillant le deadlift une ou deux fois par semaine,

Ta progression risque d’être vraiment étonnante, plus que pour les autres mouvements. C’est d’ailleurs assez grisant, mais il ne faut pas vouloir allez trop vite. 

Tu dois savoir maintenant que la musculation est un sport de patience, les gains se font sur plusieurs mois. Si tu veux progresser régulièrement, sans te blesser et en gardant une bonne technique, tu peux utiliser le principe de surcharge progressive.

Voici comment cela fonctionne : d’une séance à l’autre, tu n’augmenteras ta charge que de 0,250 kilos à 0,5 kilos. Ca peut paraître ridicule, mais c’est pourtant le meilleur moyen de s’assurer une progression constante et d’éviter les fameux « plateaux » qui peuvent être très frustrant. 

Un autre conseil est de ne pas travailler à son maximum à chaque séance. Pourquoi ?

👉 Parce qu’il y a forcément des séances où tu seras moins en forme, fatigué, et où tes performances te décevront. Inutile de se mettre la pression, c’est tout à fait normal.

A ce titre, il ne faut pas non plus hésiter à pratiquer le « deload », c’est à dire baisser temporairement la charge de travail pour remonter ensuite; cela permettra à ton système nerveux de récupérer et de repartir de plus belle. Voici d’ailleurs une des techniques utilisées dans le programme AlphaBody pour que tu continues à progresser sans te blesser 😉

Bien sûr, c’est toujours amusant et motivant de se tester sur son maximum. Tu peux toujours le faire, une fois par mois, et après un bon échauffement et seulement sur 1 à 3 séries. Il faudra par contre arrêter tout de suite si le mouvement n’est pas propre où si la moindre douleur se fait ressentir. 

CONCLUSION

Pour terminer ce dossier, tu l’auras compris, le deadlift est un exercice extrêmement intéressant. Bien sûr, rien ne t’oblige à l’utiliser.

C’est d’ailleurs le bonheur de la musculation : les façons de s’entraîner sont nombreuses et variées. 

Mais il serait dommage de se passer d’un exercice relativement simple et pourtant terriblement complet, qui respecte l’équation de la prise de muscle :

Tension musculaire + travail du système nerveux + libération d’hormones.

Merci d’avoir lu cet article AlphaBody, n’hésite pas à me laisser un commentaire pour me dire ce que tu en as pensé

A bientôt les Alphas !

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