Un Régime sans effort et des Aliments miracles ?

Tu les connais ces fameux tuyaux de tes copains qui deviennent soudainement nutritionnistes quand tu leur parles de ton programme pour perdre du poids ?

D’un coup, tu as l’impression que faire un régime, c’est trop simple et qu’il suffit de quelques aliments miraculeux pour que le gras se volatilise !

Alors tu te jettes sur les ananas, les pommes, tu bois des jus de citron sans oublier de manger des aubergines et des avocats avec un peu de son d’avoine au passage . . .

Tu peux aussi manger des légumes crus, te faire des limonades détox, des smoothies au Kale et sinon, une cure de baies d’Açaï…

En fonction de ce que tu choisiras de mettre dans ton assiette, tu peux choisir de brûler les graisses, d’empêcher leur stockage, voire les emprisonner pour mieux les éliminer.

Facile, non ? Du moins sur le papier… 

Il est grand temps de remettre les pendules à l’heure et je te propose, une fois de plus, de mettre un grand coup de balai sur ces idées reçues.

On reprend les bases . . .

La Balance Energétique

On maigrit uniquement si l’on dépense plus d’énergie que ce qu’on en ingère et quand tu veux brûler du gras, le comment est beaucoup plus important que le quoi.

C’est démontré scientifiquement1, et ce quel que soit le macronutriment sur lequel on va se focaliser2 .

Autant mettre les pieds dans le plat tout de suite, aucun type de nourriture ne fait fondre la graisse abdominale !

J’aime également faire référence à l’expérience3 de ce médecin américain qui a voulu prouver que peu importe le type d’aliment choisi, on peut perdre du poids en créant un déficit calorique.

Lui a choisi une diète assez extrême, composée de biscuits, céréales de petit-déjeuner, chips et autres cookies.

Malgré tout, le résultat est assez édifiant, il a perdu à peu près 13 kilos en 10 semaines . . .

Attention !

Ce type de diète n’est absolument pas recommandé si tu veux être en bonne santé, mais cela fait réfléchir . . . non ?

Les régimes à la mode insistent lourdement sur la qualité de la nourriture que nous devons ingurgiter, et manger sainement est un excellent conseil, mais il semble qu’on ait négligé le plus important des facteurs . . . LA QUANTITE.

Effet Thermogénique

Certains aliments nécessitent plus d’énergie qu’ils n’en fournissent pour être digérés, et à un certain degré, ils peuvent sensiblement “booster” le métabolisme. De là à dire qu’ils vont brûler du gras est un raccourci que je qualifierais de facile, pour ne pas dire complètement faux.

Certes, épices et piments peuvent avoir certains effets métaboliques, mais cela reste quasiment insignifiant.

Par contre, si l’on souhaite utiliser la nourriture afin d’obtenir certains effets métaboliques comme la thermogenèse, la clé est une diète à forte teneur en protéines.

Encore une fois, la science le démontre4 : on obtient de meilleurs résultats en ce qui concerne l’effet thermique avec une emphase sur ce macronutriment.

On peut obtenir un effet similaire avec une diète forte en glucides5 : bien que l’effet thermique soit moindre qu’avec les protéines, il est toutefois supérieur à celui des lipides, n’en déplaise aux gourous du paléo et du cétogène…

Ce qui nous amène au point suivant …

Et l’insuline dans tout ça?

Alors, on va pointer directement un truc qui ne tient pas la route dans toute cette histoire d’aliment brûle-graisses, à partir du moment où on ingère quelque chose, l’insuline se met en action et donne 2 ordres :

  • Stocker ce qu’on absorbe sous forme de cellules graisseuses.
  • Mettre en pause l’utilisation de la graisse comme énergie6.

Cette hormone a mauvaise réputation comme disait Brassens, surtout depuis la vogue des régimes anti-glucides.

Il faut remettre les choses à leur place, elle donne juste l’ordre de stocker l’énergie durant les périodes où le corps n’est plus en phase d’ingestion.

L’insuline n’est en aucun cas responsable de la prise de poids !

On prend du poids quand on mange plus que ce que l’on dépense . . .

Partant de ce simple constat, peut-on encore croire que le fait de manger un certain type d’aliment va “brûler du gras”? 

Je te renvoie sur cette étude7 si tu souhaites en savoir un peu plus sur le rôle de l’insuline.

De l’Effet des Régimes à Court Terme

On peut se dire également que de temps en temps, on peut vouloir se détoxifier de toutes les substances nocives auxquelles notre civilisation moderne nous expose, et il n’y a pas de mal à ça, mais attention !

La plupart de ces propositions “détox” sont basées sur la promesse d’une perte de poids rapide voire miraculeuse – on parle là des cures de jus, des régimes crudivores et autres bizarreries prônant les qualités divines de tel ou tel fruit… 

Mais elles ne parviendront qu’à t’affamer et ce type de diètes extrêmes ont toujours les mêmes effets

  • Le poids que tu perdras sera constitué d’eau et de glycogène8, et non de tissus adipeux. Bien sûr, tu reprendras tout dès que tu reviendras à ta diète habituelle, l’effet yoyo . . .
  • Le déficit calorique étant souvent sévère, tu vas surtout réussir à perdre du muscle9.
  • Sache que tu t’exposes à de la fatigue, des fringales, des sautes d’humeur et une énergie moindre.

Qu’en est-il réellement ?

Méfie-toi de ces propositions alléchantes que l’on voit partout autour de nous qui promettent monts et merveilles en expliquant que la suppression des glucides va résoudre tous les problèmes ou que boire un jus de citron tous les matins va nous débarrasser de la bedaine : ce sont des fantasmes !

Vouloir résoudre 10 ans d’excès alimentaires en une semaine est une UTOPIE !Ca n’existe pas ! Voilà c’est dit !

Maintenant, mettre en place une stratégie alimentaire en respectant certaines règles, comprendre qu’il va falloir accepter de changer ses croyances et intégrer tout ça sur une optique à plus ou moins long terme est une option certes moins séduisante, mais terriblement efficace.

Il ne faut jamais sous estimer le pouvoir du long terme

Pour peu que tu sois prêt à faire un peu d’exercice physique en complément, tu tiens peut-être le début d’une belle histoire de transformation, la tienne !

Et comme il est important d’être accompagné dans les premiers pas vers l’inconnu, je t’invite à rejoindre l’expérience AlphaBody ci-dessous :

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Références

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  1. Energy Balance and Obesity, Healthy Weight Basics, NHLBI, NIH – https://www.nhlbi.nih.gov/health/educational/wecan/healthy-weight-basics/balance.htm
  1. Department of Nutrition, Harvard School of Public Health, Boston, USA – Comparison of weight loss diets with different compositions of fat, protein, and carbohydrates. doi:10.1056/NEJMoa0804748 – https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19246357/
  1. Twinkie diet helps nutrition professor lose 27 pounds – By Madison Park, CNN – https://edition.cnn.com/2010/HEALTH/11/08/twinkie.diet.professor/
  1. Pesta DH, Samuel VT. A high-protein diet for reducing body fat: mechanisms and possible caveats. Nutr Metab . Published 2014 Nov 19. doi:10.1186/1743-7075-11-53 – https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25489333/
  1. Kuo CD, Shiao GM, Lee JD. The effects of high-fat and high-carbohydrate diet loads on gas exchange and ventilation in COPD patients and normal subjects. Chest. 1993;104(1):189-196. doi:10.1378/chest.104.1.189 – https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8325067/
  1. Groop LC, Bonadonna RC, Shank M, Petrides AS, DeFronzo RA. Role of free fatty acids and insulin in determining free fatty acid and lipid oxidation in man. J Clin Invest. 1991;87(1):83-89. doi:10.1172/JCI115005 – https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1985114/
  1. Kersten S. Mechanisms of nutritional and hormonal regulation of lipogenesis. EMBO Rep. 2001;2(4):282-286. doi:10.1093/embo-reports/kve071 – https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1083868/
  1. Henry RR, Wiest-Kent TA, Scheaffer L, Kolterman OG, Olefsky JM. Metabolic consequences of very-low-calorie diet therapy in obese non-insulin-dependent diabetic and nondiabetic subjects. Diabetes. 1986;35(2):155-164. doi:10.2337/diab.35.2.155 –https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/3510922/
  1. Durrant ML, Garrow JS, Royston P, Stalley SF, Sunkin S, Warwick PM. Factors influencing the composition of the weight lost by obese patients on a reducing diet. Br J Nutr. 1980;44(3):275-285. doi:10.1079/bjn19800042 – https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7437413/

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